HOMME A LA MER !!

situation d'urgence......réaction

Partager


Homme à la mer

Voir nos différentes sessions

En matière de sécurité à la voile la récupération d'un homme à la mer est toujours délicate au regard de ce qui est en jeu. Il n'existe pas de recette miracle mais de nombreuses manoeuvres possibles en fonction des situations et du type de navire.

Aujourd'hui dans le nautisme plaisance, cet accident représente dans les statistiques du CROSS un risque important surtout en milieu côtier.

Il appartient donc au chef de bord de choisir la procédure qui qui lui permettra de répondre au mieux aux contraintes humaines, matérielles et environnementales de chaque situation.

Lorsqu'une personne tombe à l'eau, chaque seconde compte. Or plus le stress est grand, plus il est difficile d'agir efficacement.


Le seul moyen d'acquérir les bons réflexes est donc de s'entraîner systématiquement à récupérer un homme à la mer dans les conditions de mer et de vent  les plus variées possibles.

Entrainement homme à la mer
Entrainement homme à la mer
Homme à la mer issé
Homme à la mer issé


Dispositions d'urgence commune à tous les cas de figure


- alerter les autres membres d'équipage en annonçant fort et clair « UN HOMME A LA MER ! »

- lancer immédiatement à l'homme à la mer la bouée fer à cheval et le feu à retournement

- charger un équipier de garder un contact visuel permanent avec l'homme à la mer, c'est souvent celui qui a vu l'homme à la mer chuter.

- charger un équipier d'appuyer sur la touche MOB du GPS pour mémoriser la position géographique de la chute

- charger un équipier d'alerter les secours par un appui prolongé sur la touche Distress de la VHF et par un appel vocal de détresse sur le canal 16

Le chef de bord doit ensuite décider de la manoeuvre de récupération la mieux adaptée aux contraintes de la situation, telles que :

 - état de l'homme à la mer (conscient, blessé, inconscient...)

- état de la mer et du vent

- état du bateau

- capacité de l'équipage à manoeuvrer

Le chef de bord choisit alors la meilleure option possible compte tenu de ces contraintes  pour engager la manoeuvre avec le souci d'éviter tout risque de suraccident et de sécuriser la remontée à bord de l'homme à la mer.

Voir nos différentes sessions


Présentation de différentes manoeuvres de récupération d'homme à la mer en voilier

Avertissement 

Aucune des manoeuvres dans les paragraphes qui suivent ne garantit à 100 % la récupération de l'homme à la mer.

Le succès de l'opération dépend d'un éventail fluctuant de contraintes environnementales, humaines et matérielles dont l'évaluation relève de l'entière responsabilité du chef de bord. Il est évident que les conditions météorologiques extrêmes peuvent compliquer fortement  la récupération de l'homme à la mer en zone côtière ou hauturière.

 

 


Arrêt « Quick stop »

Après la chute de l'homme à la mer :

- remonter face au vent en s'aidant du moteur

- une fois le bateau à une distance de trois longueurs au vent de l'homme à la mer, virer sans passer la voile d'avant (comme pour une mise à la cape).

- abattre jusqu'au travers et poursuivre cette trajectoire sur une distance de 3 longueurs de bateau

- abattre au vent arrière et poursuivre cette trajectoire sur une distance de 2,5 longueurs de bateau. Rouler ou affaler la voile d'avant pendant cette phase de vent arrière.

- quand l'homme à la mer est à une distance de 2,5 longueurs par le travers du bateau, empanner (la grand-voile étant déjà bordée dans l'axe du bateau) afin de remonter vers lui au près

- réguler la vitesse à l'écoute de grand-voile et au moteur

- s'arrêter sous le vent de l'homme à la mer pour lui lancer un lien de récupération à bord 

- mettre le moteur au neutre pour éviter tout risque de mise en rotation de l'hélice

- hisser l'homme à la mer à bord du bateau

 Avantages

Inventée aux Etats-Unis en 1987, la méthode Quick stop est celle qui fonctionne dans le plus large éventail de conditions météo (certains l'on testée avec succès jusqu'à 30 noeuds de vent). Elle est donc très intéressante à connaître pour tous les plaisanciers.

Inconvénients

Difficile à mettre en oeuvre si le moteur n'est pas opérationnel

En cas de vent fort le lancement au vent du lien vers l'homme à la mer peut s'avérer aléatoire.

Cette manoeuvre nécessite une bonne maitrise de la voile et du bateau.

variante de cette manoeuvre

Faire un deuxième tour autour de l'homme à la mer en laissant filer le lien de récupération afin de faciliter sa prise par l'homme à la mer.

Le bateau sera alors stoppé par une mise à la cape afin que l'équipage puisse ramener la victime à son bord. Le lien de récupération doit être un lien de type harnais avec flottabilité relié à un bout de 40 mètres minimum flottant de couleur vive.

 


Mise à la cape

Après la chute de l'homme à la mer :

- remonter légèrement à son vent au près bon plein/ petit largue

- virer de bord pour se mettre à la cape en faisant route sur lui.

- réguler la trajectoire du bateau à la barre (du travers au grand largue) et en jouant sur la tension de l'écoute de grand-voile.

Nota bene : chaque bateau dérive à la cape selon un angle différent selon son plan anti-dérive (quillard ou dériveur), sa surface de voile, la tension des écoutes et son centre de voilure. Cette manoeuvre est donc à répéter pour prendre en main la dérive du bateau.

 Avantages

- arrêt rapide du bateau facile à mettre en oeuvre

- permet de communiquer plus facilement avec l'homme à la mer

- peut représenter une manoeuvre préparatoire pour rassurer l'homme à la mer, analyser la situation et organiser l'équipage avant de choisir la manoeuvre définitive

 Inconvénients

- demande un minimum de pratique pour maîtriser la trajectoire du bateau, notamment le point de virement pour anticiper la dérive à la cape sur l'homme à la mer.

variante de cette manoeuvre

Il existe 3 capes à la voile, entre la cape franche, courante et linéaire. Il est possible de jouer entre ces 3 capes et affiner la manoeuvre pour revenir au contact de l'homme à la mer.

A noter également qu'il est possible de se mettre à la cape à partir de toutes les allures y compris les allures de vent arrière. Une particularité tout de même avec l'utilisation du spi, qu’il faudrait totalement larguer sur ses 3 points avant d'entamer toute manoeuvre de récupération de l'homme à la mer. Affaler un spi pourrait être une perte de temps, au risque de couper le lien visuel avec l'homme à la mer.

Voir nos différentes sessions


Arrêt ralingue

Après la chute de l'homme à la mer :

- abattre au grand largue pour descendre sous son vent sur une distance d'environ 4 longueurs de bateau

- remonter au près en bordant rapidement les voiles pour maintenir la vitesse du bateau

- virer de bord

- faire route sur l'homme à la mer 

- tester le faseyement de la grand-voile : si elle faseye, garder la trajectoire ; sinon, abattre en grand sur 1 à 2 longueurs puis pointer à nouveau sur l'homme à la mer. Répéter l'opération jusqu'à ce que la grand-voile faseye complètement quand le bateau pointe vers l'homme à la mer.

- réguler la vitesse aux écoutes pour arrêter le bateau au vent de l'homme à la mer.

 Avantages

Permet de récupérer un homme à la mer lorsque l'hélice est engagée ou que le moteur est hors d'usage.

Evite le risque de suraccident par empannage incontrôlé

Permet de réguler la vitesse et donc de maîtriser plus facilement le lieu d'arrêt du bateau

 Inconvénients

Suppose une bonne connaissance de la manoeuvre par l'équipage


Arrêt face au vent

Après la chute de l'homme à la mer :

- abattre au grand largue pour descendre sous le vent de l'homme à la mer

- rouler ou affaler la voile d'avant

- après avoir parcouru une distance de 4 longueurs environ revenir au travers en visant une ligne imaginaire située entre 2 et 5 longueurs sous le vent de l'homme à la mer correspondant à la distance nécessaire au bateau pour s'arrêter complètement.

- quand la girouette pointe vers l'homme à la mer, revenir face au vent.

- s'arrêter à côté de l'homme à la mer en prenant soin de mettre le moteur au neutre.

 Avantage

Assez facile à réaliser avec un peu d'entraînement, précision due à l'utilisation du moteur.

 Inconvénient 

Demande de rouler ou affaler rapidement la voile d'avant pour revenir face au vent vers l'homme à la mer 

Suppose de connaître la distance d'arrêt du bateau selon son poids et les conditions de mer et de vent.


Conclusion

Si aucune de ces méthodes n'est idéale, il faut les tester et les pratiquer pour permettre aux chefs de bords et à leurs équipages de développer les automatismes indispensables à la maîtrise de ces manoeuvres.

Toutes ces méthodes ont été pensées, testées...le but étant d'obtenir les gestes réflexes à leur exécution.


Enfin, connaître les réactions de son bateau dans différentes conditions de mer et de vent est une clé indispensable à la réussite de toute manoeuvre de récupération d'homme à la mer.


Trucs et astuces

- En prévention du risque de chute à la mer, l'accastillage de votre navire doit comporter un maximum d'équipements de sécurité possible

- Sur un voilier l'utilisation de la bôme et de son palan peut permettre de récupérer un homme à la mer dans le coma et ainsi le positionner en position latérale de sécurité dans le cockpit

- Il est également possible d'utiliser une drisse du gréement frappée sur un winch pour aider à la récupération de la victime située à la flottaison du bateau

- Un équipier nageur peut effectuer un sauvetage sur une victime inconsciente non équipée de gilet, cet équipier doit être amarré à un taquet du bateau avec un cordage, une amarre, un bout d'une longueur suffisante

- Certains yachts sont équipés d'un bras de charge orientable et pouvant être débordé au-dessus du niveau de l'eau. Généralement utilisé pour l'annexe gonflable ou semi-rigide, il peut être également utilisé pour la récupération de l'homme à la mer

- Passer un harnais à un homme à la mer inconscient est plus aisé que de passer un gilet mousse

- Le port d'une brassière, d'un gilet de sauvetage est vivement conseillé pour toute sortie nautique, la flottabilité en cas de chute étant augmentée

- Il est vivement conseillé lors du port d'un gilet de sauvetage, d'attacher la sous-cutale au risque de se retrouver dans une position très inconfortable

- Au mouillage, ne laissez pas vos enfants sans surveillance à l'extérieur. Idéalement leur faire porter un gilet adapté en fonction de leur âge et de leur capacité à rester la tête hors de l'eau

- Lors des déplacements sur un navire, il est judicieux d'être capelé à la ligne de vie avec une longe muni de mousquetons

- Effectuer régulièrement des exercices de récupération de l'homme à la mer en utilisant par exemple un de vos pare-battages en guise de baigneur

- Tourner autour de l'homme à la mer avec un bout flottant muni à son extrémité d'un gilet mousse de la même manière que lors de la récupération d'un skieur nautique

- Les embarcations pour aider à la récupération d'un homme à la mer peuvent être utilisées comme une annexe munie d'un hors-bord, ou même d'un kayak muni de pagaies

- Dans la manoeuvre finale de récupération de l'homme à la mer, le propulseur d'étrave peut être d'une aide précieuse pour orienter correctement l'étrave du navire

- Dans le cadre d'utilisation de catamaran, si votre poste de barre est à tribord, on préfèrera récupérer l'homme à la mer au niveau du flotteur tribord

- Il est préférable pour mieux repérer un homme à la mer de jeter une perche IOR plutôt que la bouée couronne ou fer à cheval muni de son feu à retournement

- Pour les navigateurs solitaires, il existe des longes mouflées avec des poulies pour aider à se remonter seul à bord du bateau

- En cas de perte du lien visuel, lorsque la touche « mob »de votre GPS a été activée, il faut suivre le cap donné pour revenir vers l'homme à la mer

- Une fois sur place se servir du compas de route pour quadriller la zone de recherche à vitesse et temps constants

- En régate le risque de chute est plus important de part l'usage sportif du bateau, le port du gilet est obligatoire