LES MANOEUVRES DE PORT

Elles ne s'apprennent pas dans les livres?

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Nautisme, Les manoeuvres de port

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Le cas méditerranéen : amarrage sur pendille

La majorité des collisions entre bateaux de plaisance surviennent pendant les manoeuvres de port.

Amis plaisanciers voici donc un récapitulatif des bases de la manoeuvre au moteur... A répéter jusqu'à les maîtriser parfaitement !

Le pas d'hélice, ami ou ennemi ?

Elément de base de la manoeuvre au moteur, le pas d'hélice est l'influence latérale de la rotation

de l' hélice sur la marche du bateau. Il est toujours plus fort en marche arrière et impose d'en tenir compte lors des manoeuvres.

Le principe

Une hélice fonctionne grâce à l'inclinaison de ses pales. Cette inclinaison fait que toute hélice propulse de l'eau de façon oblique.

En marche avant sur l'embarcation, l'hélice propulse de l'eau sur le safran, lequel par son orientation compense l'effet latéral de l'hélice 

En marche arrière, l'hélice propulse l'eau vers l'avant, et là pas de safran pour diminuer cet effet latéral : le bateau part en diagonale, jusqu'à ce que la vitesse soit suffisante pour que le safran et la quille (ou la dérive) accrochent les filets d'eau et permettent de diriger le bateau.

C'est donc en marche arrière que le pas d'hélice est le plus fort. Vous devrez donc toujours en tenir compte lors de vos manoeuvres au moteur.

simulateur de manoeuvres de port

Déterminer le sens du pas d'hélice 

Par convention, le sens du pas d'hélice est défini par rapport à la marche avant. Par exemple un pas d'hélice dit « à gauche » aura un effet à droite en arrière, et vice-versa.

1-arrêter le bateau face au vent ou au vent arrière

2-enclencher la manette des gaz par un « coup de fouet » * en marche arrière

3-observer le sens de rotation du bateau : si l'arrière par à gauche le pas est à gauche en arrière et vice-versa.

*le « coup de fouet » consiste à donner un grand coup de gaz en marche arrière ou avant (jusqu'à 1800-2000 tours environ) puis retour au point mort. Il permet de manoeuvrer en s'aidant du pas d'hélice sans prendre de vitesse. 

Effectuer un demi-tour sur place

La plupart du temps, il n'y a pas assez de place dans les ports pour effectuer un demi-tour en marche avant ou marche arrière seule. Il faut donc procéder par étapes : c'est l'espace disponible à l'avant et à l'arrière du bateau qui va déterminer le nombre de marches avant et arrière nécessaires pour faire demi-tour.

Pour un pas d'hélice à gauche en arrière :

-orienter la barre du côté où l'on souhaite tourner en marche avant

-donner un coup de g en marche avant

-revenir au point mort avant que le bateau ne prenne de la vitesse*

-donner un coup de fouet en marche arrière : le bateau tourne à gauche en arrière grâce au pas d'hélice (pas besoin de s'aider de la barre puisque l bateau n'a pas assez de vitesse pour que le safran et la quille accrochent les filets d'eau)

-continuer d'alterner les marches avant/arrière jusqu'à compléter le demi-tour

*la vitesse est toujours dangereuse dans un port car elle vous empêche d'arrêter votre bateau rapidement en cas de besoin

Nota bene : toujours favoriser un demi-tour avec le pas d'hélice arrière au vent du bateau.

Par exemple si votre pas d'hélice est à gauche en arrière, le bateau tournera beaucoup mieux avec le vent venant de bâbord (bâbord amure)

Amarrage a cul en méditerrannée
Amarrage a cul en méditerrannée
Le pas d'hélice
Le pas d'hélice


Cinq étapes pour bien préparer sa manoeuvre


1
-Le skipper doit prendre le temps d'analyser la situation en observant le plan d'eau : Quelle est la place que mon voilier ou bateau à moteur doit prendre ? Comment sont le vent et le courant ? Quelles sont les contraintes avec lesquelles je vais devoir composer, etc...

2-choisir une stratégie

3-Expliquer la manoeuvre aux équipiers 

4-Préparer le bateau (amarres, pare-battages) et placer les équipiers

5-Action !

Prise de ponton au moteur (approche)

-placer des pare-battages tout le long de la coque à hauteur du ponton

-éloigner le bateau du ponton de quatre à cinq longueurs (de bateau)

-se caler sur une trajectoire à environ 30° du ponton

-viser la partie du ponton où sera placé l'arrière du bateau une fois arrêté

-réguler la vitesse de façon à ne pas dépasser 1,5 n?uds, sous peine de ne pas pouvoir arrêter le bateau facilement

-placer quelqu'un dans les haubans pour aider le barreur à évaluer les distances à l'arrivée

-dans les derniers mètres, rapprocher progressivement le côté du bateau en alternant barre à gauche et à droite (trajectoire en « S »)

-arrêter le bateau parallèlement au ponton avec une marche arrière

-débarquer les équipiers au niveau des haubans

-amarrer le bateau

Nota bene : ne jamais s'acharner dans une manoeuvre mal engagée. Mieux vaut repartir et tout reprendre sur des bases saines !

Les amarres

On distingue deux grands types d'amarres :

Les pointes sont des amarres courtes à l'avant et à l'arrière du bateau. Elles maintiennent le bateau parallèle au ponton. La coque étant arrondie, c'est le milieu du bateau qui est en appui sur le ponton. C'est donc à cet endroit qu'on installe le plus de pare-battages. Les pointes doivent être légèrement molles pour éviter d'écraser les pare-battages sur le ponton.

Les gardes sont des amarres plus longues qui partent de l'avant et de l'arrière du bateau vers le milieu du ponton. Elles empêchent le bateau d'avancer et de reculer. La garde frappée à l'avant du bateau est appelée garde montante, celle frappée à l'arrière du bateau est appelée garde descendante.

Nota bene : On dit qu'on largue d'abord les amarres les plus molles (celles qui ne servent à rien).

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Trois grands cas de figure pour arriver ou partir d'un ponton


Cas N° 1 : Le vent plaque le bateau sur le ponton 

Arrivée

Même si vous arrêtez votre bateau loin du ponton, le vent vous pousse dessus. C'est le cas le plus facile pour une arrivée.

Départ

Pour repartir, vous devrez écarter le bateau du ponton ou vous risquez d'égratigner la coque sur le ponton.

Dans ce cas on utilise une garde avant ou arrière pour faire pivoter le bateau sur l'arrondi de la coque. Vous avez alors le choix entre un départ sur garde avant ou sur garde arrière. Si le vent vient plutôt de l'avant, mieux vaut partir sur garde arrière. Si le vent vient plutôt de l'arrière, partir sur garde avant.

Départ sur garde avant

-placer des pare-battages du milieu du bateau jusqu'à l'étrave. Si possible placer un équipier à l'avant avec un pare-battage tenu à la main (pare-battage « volant ») pour bien protéger l'étrave

-faire passer la garde avant autour d'un taquet du ponton et la faire revenir à l'avant afin de la larguer depuis la bateau. 

-enlever les autres amarres

-embrayer en avant léger, barre droite jusqu'à tendre la garde avant.

-orienter la barre de façon à faire tourner le bateau vers le ponton. Le bateau prend appui sur les pare-battages les plus proches de l'étrave et l'arrière du bateau s'écarte du ponton.

En cas de vent fort, augmenter les gaz en avant pour aider à écarter l'arrière du bateau.

-quand le bateau est orienté à 45° du ponton en appui sur l'avant, mettre au point mort puis embrayer en arrière léger.

-récupérer la garde à bord

-s'assurer que le bateau est suffisamment loin du ponton pour repartir en avant

-embrayer en avant et faire route

Départ sur garde arrière

La manoeuvre de départ sur garde arrière est la même en sens inverse, moteur embrayé arrière jusqu'à placer l'arrière u bateau à 45° du ponton en appui sur les pare-battages placés au plus proche du tableau arrière.

Cas N° 2 : le vent écarte le bateau du ponton

Arrivée

Dès que votre bateau sera arrêté, le vent va l'éloigner du ponton. Vous devrez donc :

-arrêter votre bateau suffisamment près du ponton pour que les équipiers puissent descendre

-demander aux équipiers de se tenir prêts à descendre pour amarrer le bateau.

Départ

Cette fois c'est plus facile car le vent vous pousse ! Vous n'avez qu'à larguer gardes et pointes et laisser le vent éloigner l bateau du ponton.

Notre conseil : larguer les pointes depuis le bateau.

Cas N° 3 : le vent souffle dans l'axe du ponton

Dans ce cas, mieux vaut toujours arriver face au vent (ou face au courant s'il est plus fort) de façon à bien ralentir le bateau.

Si le vent est modéré, commencer par amarrer les pointes avant et arrière, puis les gardes.

Avec un fort vent ou courant de face, on peut commencer par amarrer le bateau avec une garde arrière et une pointe avant, puis les autres amarres.

Avec un fort vent ou courant de l'arrière, on peut commencer par amarrer le bateau avec une garde avant et une pointe arrière, puis les autres amarres.


A retenir


- dans les ports, la vitesse est un facteur de danger

- le vent pousse le bateau sur le ponton : arrivée facile, départ sur garde avant ou arrière

- le vent écarte le bateau sur le ponton : arrivée délicate, départ facile

- mieux vaut toujours arriver face au vent (ou face au courant s'il est plus fort) pour arrêter le bateau facilement